Donner du sens au travail

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Sens au travail, donner du sens au travail.

 

 

Il m’est impossible de parler de philosophie de soins, si je n’aborde pas le problème de donner du sens à son travail.

Cela rejoint aussi la notion de plaisir au travail.

Donner du sens! Comment, pourquoi, quand?

C’est avoir une bonne connaissance de soi-même et de ses limites. C’est combattre son pire ennemi, soi-même. Nous avons tous cette tendance à faire rejaillir sur les autres , nos propres difficultés existentielles. C’est tellement plus simple. Il est à noter que les difficultés peuvent venir des autre, des circonstances, et qu’il faut faire la part des choses. Savoir se situer en tant qu’humain,

nous demandons une telle dépendance à la société que l’on ne peut plus se connaître. On correspond à un modèle, bon ou mauvais, il suit la mode et les époques.

Mais comme le dit ma mère, mode que mode, il faut que mon « cul » se loge. C’est tout ce que j’ai retenu de son éducation. Elle était tellement rigide!!!

Si je veux donner du sens à mon travail, il d’abord savoir pourquoi je fais telle ou telle action, qui entrainera forcement une réaction. Cela ne peut s’acquérir qu’avec l’expérience. Un diplôme ne garantit pas un savoir faire, mais un savoir avant tout et passer de la théorie à la pratique, pas si facile.

Pour donner du sens, il faut aussi aimer ce que l’on fait. Car même, s’il nous faut un métier pour vivre, si ce métier ne convient pas, on ne lui donnera jamais de sens, puisque on fait uniquement des heures. Il n’est malheureusement pas toujours possible de faire ou de réaliser son rêve, quand c’est le moment et que l’on est au top de sa forme mentale, psychologique, et physique. Mais il n’est jamais trop tard. A défaut de donner du sens à un travail imposé, on cherche dans sa vie privée des passions a accomplir, dans le meilleur des cas, ou alors on sombre dans tout ce que la société a de plus pervers. Drogues, alcool, conflits incessants, dérives de toutes sortes…

Ma propre expérience m’a poussée à donner du sens à mon travail. Le premier poste que j’ai occupé, au Val de Grâce, m’a permit d’exploiter rapidement la notion de sens. Chaque semaine, nous devions « plancher » sur un cas, et trouver le soins, la prise en soins la mieux adaptée. C’était un rythme d’enfer, mais on y arrivait.

Je me souviens, d’un pauvre interne qui faisait un stage en endoscopie avec un de mes médecins chefs. Le téléphone sonne, et l’on me crie de descendre de toute urgence en salle d’endoscopie gastrique. Là , spectacle pas très réjouissant. Un patient, avait « explosé » ses varices œsophagiennes, et il saignait abondamment par la bouche. L’interne était tétanisé par ce sang et ne pouvait apporter son aide au médecin. Connaissant la technique de la pose de sondes de Blakmore, sonde avec de multiples ballonnets à gonfler pour « écraser » les veines, je m’assois sur les genoux du patient et je l’immobilise, pour que le médecin passe la sonde et que je gonfle les ballonnets en suivant ses indications, jusqu’à stopper l’hémorragie. On a réussit. Par contre, j’étais inondée de sang, et le médecin était en colère après l’interne. Je l’ai attendu dans le couloir, alors que je n’avais qu’une envie me changer. Je voulais parler avec l’interne qui était blanc comme un linge, devant son échec. Je lui ai dit que ce n’était pas grave, c’était pour lui, l’épreuve du feu, et il arriverait à surmonter ses difficultés. Je savais aussi que ce médecin est quelqu’un de très exigeant envers lui-même et donc forcément très dur avec les internes. Il a compris le message et surtout il a chercher à profiter dans le bon sens du terme de notre expérience de terrain. Il y avait du sens. Sauver quelqu’un, accomplir un geste technique compliqué et soutenir le médecin et l’interne.

Quand mon chef a quitté la salle, il m’ a complimenté sur le discours tenu à cet interne. Il avait écouté derrière la porte, et il m’a proposé d’aller manger avec lui, mais j’avais eu ma dose avec ma blouse imprégnée de sang, et j’ai reporté cette invitation. On a ses limites!!!

cet exemple, pris dans mes souvenirs, fait que rapidement, j’ai su pourquoi, j’exerçais ce métier, malgré mes doutes et mes interrogations, quand à mon avenir dans cette profession.

Les doutes et les interrogations sont toujours là, mais sous une autre forme, car j’ai 23 ans d’expérience. Et je sais aussi que si je n’avais ses doutes et ses interrogations, je ne persisterais pas dans les soins et leurs développements.

Cordialement

Grenda

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