erreurs de communication

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ERREURS EN COMMUNICATION.

 

 

 

Au cours de mon parcours professionnel, en tout début de carrière, j’ai du m’occuper d’un patient en fin de vie.

Cet exemple illustre parfaitement le manque de ce connaissances en communication.

 

Ce patient, souffrait énormément, plus torturé par sa vie passée, que par la souffrance infligée par sa maladie.

La souffrance physique, je savais en partenariat avec les médecins et l’équipe, la soulager. Mais qu’en est-il de la souffrance psychique?

Cet homme qui agonisait sur son lit, et où je passais beaucoup de temps pour assurer une présence, s’est agité, et à réclamer quelque chose que je n’ai pas compris. J’avais beau lui demander ce qu’il désirait, la même réponse que mon esprit, mes oreilles entendaient, « était du poivre ». Comment un patient en fin de vie, peut-il demander du poivre?

9a me paraissait aberrant. Je n’ai pu accéder à sa demande, et il s’est éteint. Cette expérience, le sentiment de ne pas avoir fait pour lui, ce qu’il me demandait, a été une souffrance pour moi.

Je n’ai compris que 2 ans après, en participant en Suisse, à une table ronde qui avait été crée pour permettre aux professionnels de s’exprimer. Un peu comme un débriefing post traumatique. Il y avait un pasteur, un prêtre, un psychiatre qui géraient cette cellule de crise comme on dirait aujourd’hui.

Je n’étais pas en paix avec moi même, car trop confrontée à la mort, et surtout ce patient me hantait.

J’ai compris à la première séance, ce que ce patient avait réclamé: un PRETRE et non du POIVRE.

J’ai pu ensuite , mieux appréhender la fin de vie et la mort, car ce sont des métiers exposés. Je voulais surtout savoir où j’en étais , moi en tant qu’individu, humain, et professionnelle de santé, avec la mort. Je savais par expérience, que très tôt, un patient sait avec la présence de qui, il souhaite quitter ce monde. C’était emphatique, chez moi, et ça ne m’a jamais fait peur.

Mais, avec ces séances, je pouvais mettre des mots sur ce que je ressentais. Et c’était important.

Et j’étais à même de mieux aider les patients en fin de vie. Croyez moi ou pas, « le futur défunt choisit avec qui il veut partir ». parce qu’ils savaient que je ne les empêcherais pas de partir et que surtout, j’avais cette capacité à expliquer à sa famille, l’importance de le laisser partir. Tant de familles s’opposent à « lâcher » leur partenaire, conjoint, père, grand-père, enfants, qu’il faut les amener dans un processus de travail de deuil, un peu avant l’heure, ce qui leur permets de mieux gérer l’absence de l’autre. Il faut donner à la famille la possibilité, en toute sérénité relative, de dire à la personne la plus chère à leur cœur, « tu peux partir si tu le souhaite ».

C’est nécessaire et quand il n’y a pas de famille, ou une famille trop complexe dans son fonctionnement, et qui ne me regarde pas, c’est à l’infirmière qu’il incombe de donner cette « autorisation ».

Personne n’apprends cette notion à l’école, puisque la mort est occultée.

J’ai fait un stage, en tant que bénévole dans le premier centre de soins palliatifs ouvert en Europe, à Genève. J’y ais passé un mois, et par rapport à tous les services dans lesquels j’ai travaillé, ce sont des services très GAIS et REMPLI de VIE. Le sens est donné à ce dernier parcours, pour que la personne accepte à son propre rythme, devant un diagnostic qui annonce la mort, de passer les phases de déni, de révolte, d’acceptation de l’inéluctable, puis de mettre en ordre ses pensées, et de dire au revoir à la vie. C’est l’apaisement et dans cette phase, les gens peuvent retourner chez eux, avant la phase finale. Il y a comme un regain de vie qui leur donnent une dernière fois, l’occasion de renouer et de clore sa vie.

C’est aussi de la communication, à un niveau différent, difficile à atteindre.

Pour ma part, c’est ce choix que faisait ces patients qui m’a obligée à mieux comprendre et communiquer avec eux, dans cette dernière phase OU LA VIE EST ENCORE LA.

Grenda.

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